Comment fonctionne ce simulateur
Un dirigeant qui contrôle sa société choisit chaque année comment se payer : une rémunération, qui coûte des cotisations sociales mais ouvre des droits (retraite, maladie, prévoyance), ou des dividendes, prélevés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés. Le simulateur répartit le résultat 2026 selon la part que vous indiquez, applique les prélèvements propres à chaque voie et additionne ce qui vous reste. Il teste ensuite tous les partages par pas de 5 % pour vous signaler celui qui maximise le net immédiat.
La rémunération
En SASU ou SAS, le président est assimilé salarié : sur la rémunération brute, le simulateur retient 22 % de cotisations salariales et 45 % de cotisations patronales, soit un coût total pour la société de 1,45 fois le brut, sans cotisation chômage. En EURL ou SARL, le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés : les cotisations représentent environ 45 % de la rémunération nette, soit un coût de 1,45 fois le net. Ces moyennes varient avec le niveau de rémunération, la caisse de retraite et les options de prévoyance.
La rémunération nette est ensuite imposée à l’impôt sur le revenu après l’abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, au taux de votre tranche marginale. C’est une simplification : en réalité, seule la fraction du revenu qui dépasse le seuil de votre tranche est taxée à ce taux.
Les dividendes
Le résultat non versé en rémunération supporte l’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (sous conditions de chiffre d’affaires et de détention du capital), 25 % au-delà. Ce qui reste peut être distribué. L’associé choisit alors entre le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) et le barème progressif après abattement de 40 %, avec les mêmes prélèvements sociaux. Le simulateur ignore la CSG déductible de l’option barème (6,8 % des dividendes, déductible du revenu de l’année suivante), ce qui minore légèrement cette option.
Le cas particulier de l’EURL
Pour un gérant majoritaire, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (plus primes d’émission et compte courant, non saisis ici) est traitée comme une rémunération : elle supporte les cotisations TNS et échappe en contrepartie aux prélèvements sociaux de 18,6 %, l’impôt sur le revenu restant dû. Le simulateur applique le même taux forfaitaire de 45 % à cette fraction ; c’est une approximation, mais ces cotisations sont déductibles du résultat de la société et ouvrent des droits à la retraite, contrairement aux prélèvements sociaux.
Pourquoi 100 % dividendes est rarement optimal
Sur le seul critère du net immédiat, les dividendes gagnent souvent en SASU, car l’IS à 15 % suivi du PFU à 31,4 % prélève moins que les cotisations d’un assimilé salarié. Mais un président sans rémunération ne cotise à rien : aucun trimestre de retraite validé, aucune indemnité journalière en cas d’arrêt de travail, aucune prévoyance, aucune couverture maladie propre (il dépend de la protection universelle maladie). Un salaire modeste, même au niveau du SMIC (22 404 € brut par an), valide quatre trimestres et déclenche la couverture sociale ; c’est le socle retenu par les experts-comptables avant d’arbitrer le reste en dividendes.
Les dividendes ont aussi leurs limites pratiques : ils supposent un bénéfice distribuable constaté en assemblée et ne se versent qu’après la clôture (sauf acompte sur dividendes, qui exige un bilan intermédiaire certifié), et ils ne comptent pas comme un revenu régulier pour un dossier de crédit immobilier. Une rémunération, déductible du résultat, réduit l’IS : la comparaison à résultat constant en tient déjà compte.
En EURL, le raisonnement s’inverse : les dividendes au-delà de 10 % du capital cumulent cotisations TNS et impôt, si bien que la rémunération classique est presque toujours plus favorable, sauf à disposer d’un capital social important.
Ce que le simulateur ne prend pas en compte
Les cotisations réelles dépendent de l’assiette et des plafonds (dégressivité de certaines cotisations au-delà du PASS, cotisations minimales des TNS, réduction générale sur les bas salaires qui ne s’applique pas aux mandataires). L’impôt sur le revenu est calculé au taux marginal sans tenir compte des autres revenus du foyer, du quotient familial ni de la décote. La CSG non déductible sur les rémunérations TNS, la contribution sur les dividendes des gérants (assiette et régularisation l’année suivante), les conditions du taux réduit d’IS, l’ACRE et les exonérations temporaires ne sont pas modélisés. Faites valider le partage par votre expert-comptable avec les paramètres exacts de votre caisse.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes en SASU ?
Au niveau du net immédiat, les dividendes l’emportent généralement (IS à 15 % puis PFU à 31,4 %, contre environ 60 % de prélèvements sur un salaire à 30 % de TMI). Mais sans rémunération, le président n’a ni retraite ni prévoyance. L’arbitrage courant : un salaire suffisant pour valider les droits, le reste en dividendes.
Les dividendes en EURL sont-ils soumis aux cotisations sociales ?
Oui pour la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes en compte courant d’associé. Cette fraction supporte les cotisations TNS (déductibles, créatrices de droits) à la place des prélèvements sociaux de 18,6 %, plus l’impôt sur le revenu.
PFU ou barème pour les dividendes ?
Le PFU à 31,4 % est presque toujours préférable à partir de la tranche à 30 %. À 11 % de TMI, le barème coûte 11 % de 60 % du dividende (6,6 %) plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 25,2 % avant CSG déductible : il l’emporte. L’option est globale pour tous les revenus de capitaux de l’année.
Quel taux d’IS s’applique à ma société ?
15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques ; 25 % au-delà et dans les autres cas.
Un dirigeant sans salaire valide-t-il des trimestres de retraite ?
Non. En SASU, seule une rémunération soumise à cotisations valide des trimestres (un trimestre par tranche de 150 fois le SMIC horaire brut). En EURL, le gérant paie des cotisations minimales même sans rémunération, qui valident quelques trimestres seulement.
Sources officielles
- entreprendre.service-public.fr — Rémunération et protection sociale du dirigeant
- service-public.fr — Imposition des dividendes : PFU ou barème
- service-public.fr — Déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels
Les valeurs utilisées par ce simulateur sont relues chaque semaine sur ces pages officielles ; voir la méthode.